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Articles de ce numéro

  • Retour de maton

    À la suite de l’article Varces attaque dans notre précédent numéro, la cheffe d’établissement du centre pénitentiaire Grenoble-Varces, Valérie Mousseef, nous a envoyé un droit de réponse afin de « proposer une véritable transparence à [notre] lectorat  ». Voici quelques extraits commentés de cette lettre dans laquelle elle s’efforce de défendre son administration.

  • Le Camionneur, le Malinois et l’Officier

    Dans l’article sur la prison de Varces de notre dernier numéro, nous évoquions un procès à venir de surveillants accusés de recel, en l’occurrence d’avoir fait rentrer des téléphones en prison pour les vendre à des détenus. Précurseurs de « l’économie circulaire », ils saisissaient ensuite ces portables pour les revendre à d’autres. Compte-rendu de l’audience du 13 juin dernier.

  • Yann Mongaburu, une technocratie d’avance

    Jamais avare en innovations en tous genre, la métropole grenobloise a conçu le prototype de l’élu du XXIème siècle : le technocrate d’avance. Plus connu sous le nom de Yann Mongaburu, candidat malheureux à la présidence de la Métropole en juillet dernier, il représente la nouvelle génération de politiciens, qui œuvre à amplifier les transitions entre l’ancienne technocratie et la nouvelle technocratie.
    Sur le fond, peu de différence avec les technocrates du XXème siècle : il passe l’essentiel de son temps à manigancer derrière les portes fermées des lieux de pouvoir afin de faire avancer des dossiers. Il pond des plans et des «  schémas directeurs », entreprend des nouvelles lignes de transports, promeut des innovations de numérisation, travaille à agrandir la technostructure, intégrant le Voironnais et le Grésivaudan à l’autorité de transports.
    Sur la forme, par contre, le technocrate d’avance ne limite pas l’innovation à quelques détails vestimentaires, la casquette et des pantalons colorés remplaçant les costards d’antan. Sa plus-value est surtout linguistique, ses discours étant saturés de mots de la technocratie du futur ; « en transition » «  d’avance », « du XXIème siècle  » « du nouveau monde ». Partons à la découverte d’un des principaux acteurs de la tragi-comédie qui agite la Métropole depuis trois mois.

  • Le flicage recyclé

    Au Postillon, on aime bien fouiller dans tout ce qui est un peu crade, ce qui pue, l’envers du décor en somme, alors on s’est intéressé au devenir de nos poubelles. Devant l’ampleur de la tâche, on a commencé par faire un tour sur le site internet de la Métropole, qui s’occupe des déchets des ménages de l’agglomération grenobloise. On est tombés sur une vidéo où l’équipe de communication scotche une puce GPS sur une brique alimentaire avant de la jeter dans la poubelle verte, pour qu’on puisse suivre sa trace. Les experts en fact-checking du Postillon ont décrypté cette vidéo et il s’avère que c’est une fake news : dans la vraie vie, la puce GPS est séparée des matériaux recyclables au tout début du tri. On a d’ailleurs retrouvé cette puce, errant vers La Tronche, et elle a accepté de nous raconter son histoire dans le monde des déchets.

  • Tête à Cliiink

    Depuis 2019, la Métropole de Grenoble expérimente Cliiink, un « dispositif de colonnes à verre connectées incitant les usagers à recycler bouteilles et bocaux  ». L’arrivée et le déploiement de cette « solution innovante pour la smart city » se sont déroulés dans l’indifférence générale de la population. Il n’y a que Julien Martin que ça a énervé. Et à cause de ça, il va devoir s’expliquer au tribunal.

  • Après la quarantaine, des antennes par centaines ?

    Elles poussent encore plus vite que les champignons dans les forêts de Chamrousse en ce mois de septembre. Pour l’intérêt supérieur du très haut débit partout, les antennes-relais colonisent les collines et les hauts d’immeubles, et peu importe l’avis des riverains.
    Pour le second épisode du feuilleton « Crise-Antennes », Le Postillon est allé à la rencontre d’habitants luttant contre l’installation ou la présence d’antennes-relais à proximité de chez eux. Une lutte inégale et vouée à un semi-échec : au (...)

  • Ici on déboise comme on tue

    Quand j’ai écrit mon premier article sur les jardins de la Buisserate, en février 2019, je pensais que c’était une cause perdue, que jamais personne ne se bougerait pour sauver ce dernier espace non urbanisé du bas de Saint-Martin-le-Vinoux promis à l’édification de quatre immeubles. J’avais tort et la lutte pour sauver ces jardins a pris ces derniers mois de plus en plus d’ampleur. Une association d’habitants et un collectif écolo ont relancé le jardinage, en se donnant rendez-vous tous les dimanches. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, six personnes venues repérer les lieux pour une éventuelle occupation se sont mangé 60 heures de garde-à-vue et des contrôles judiciaires extrêmement sévères dignes des procédures anti-terroristes.
    Je suis retourné souvent à la Buisserate. Pour voir Raphaël, le vieux jardinier dont je parlais dans le premier papier, pour prendre le goûter le dimanche avec les jardinières, pour suivre des manifs, des flics ou des ados du quartier. J’en revenais selon les jours un peu mélancolique ou émerveillé, déconfit par la marche du monde et la distance qui sépare tous ces gens, curieux de savoir ce qui pourrait les réunir. Devant ces arbres debout, devant ce vieux jardinier, des bribes de Terre des hommes ressurgissaient et je me demandais si Saint-Exupéry pourrait nous tirer d’affaire.

  • Le marché noir au bout du doigt

    À l’époque de la numérisation généralisée, le marché noir s’adapte et se virtualise. À Grenoble comme ailleurs, on trouve de tout sur Snapchat. Le réseau social, où les messages s’effacent automatiquement au bout de quelques minutes, est un discret marché à ciel ouvert bien pratique pour conserver l’anonymat des utilisateurs. Shit, coke, clopes, fausses cartes de stationnement, pronostics sur les courses de chevaux, paniers de fruits, dentifrice, etc. Plongée dans le Snap de la « bicrave  » tous azimuts.

  • Kafka dans mon appart’

    L’arbitraire policier ne s’applique pas qu’aux manifs ou quartiers populaires. Parfois, il peut même surgir pour une banale histoire de séparation conjugale. Sylvie a travaillé en tant que cadre dans plusieurs grosses entreprises de l’agglomération et ne participe pas aux manifestations : son profil diffère sensiblement des victimes ordinaires des violences policières. Et pourtant, après avoir été violentée par la police municipale d’Échirolles, elle se retrouve aujourd’hui convoquée pour « rébellion et violences contre personne dépositaire de l’autorité publique ».

  • Premiers sur le rap, derniers sur la Rep

    Quand les médias nationaux parlent du quartier Mistral à Grenoble, c’est toujours à propos de trafic, d’armes, de violences, de descentes de flics et de clips de rap. Mais jamais on ne parle des enfants, de leur vie dans un tel contexte de misère et de violence, de leur éducation. Jamais on ne parle de l’école Anatole France qui n’est pas classée en Rep (réseau d’éducation prioritaire) à cause d’une absurde règle administrative. Jamais on ne parle des instits qui se battent pour aider ces gamins, mais qui souffrent du manque de moyens et de reconnaissance. L’occasion de leur donner la parole.

  • École Clemenceau : la com’ ça ose tout

    Même quand ils font des choses bien, les élus rouges-verts de Grenoble font tout foirer avec une com’ outrancière et prétentieuse. Démonstration avec la rénovation de la cour Clémenceau.

  • CEA kyste au bras

    Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) est une institution locale, abritée par des barbelés vidéo-surveillés. Quand la communication officielle révèle ce qui se passe dans ses labos ça paraît toujours génial. Mais qui sait, par exemple, qu’en juin dernier, un salarié de 40 ans s’est suicidé et que certains syndicats mettent en cause la surcharge de travail ? Qui sait que ce suicide n’est pas le premier, un de ses anciens collègues s’étant lui aussi suicidé en 2015 ? Qui sait que les nouvelles technologies vendues comme propres et non polluantes passent par des process dangereux saturés de produits chimiques ?
    Le secret-défense est une des marques de fabrique du centre, même quand la santé des salariés est en jeu.
    Cyril Delaunay a bossé longtemps dans ce centre, en tant que salarié détaché de STMicroelectronics. Mais il a fini par se faire virer, notamment pour avoir dénoncé de nombreux dysfonctionnements. Aujourd’hui qu’il a retrouvé sa liberté de parole, il raconte dans ce témoignage une partie de l’envers de la com’ du monde merveilleux de la microélectronique.