Actualités

  • Les prouesses professionelles de Laurence Ruffin

    Grenoble a une nouvelle maire ! Mais qui est Laurence Ruffin ? Et qu’a-t-elle fait dans sa vie professionnelle ? Pour l’occasion, Le Postillon vous invite à lire l’article qu’on avait consacré à son entreprise à l’automne dernier.

    La voilà enfin officiellement désignée – après une longue série de claques qui portent, de communiqués incendiaires et d’accusations « d’intimidations » envers Piolle – comme l’unique successeuse du maire de Grenoble. Laurence Ruffin est candidate aux prochaines municipales au nom des Écologistes, du Parti communiste, de divers groupuscules (Ades, etc.) en attendant peut-être – avant ou après le premier tour – les Insoumis et les socialistes. Si elle est novice en politique, elle ressemble à une sorte de candidate idéale pour les éco-techniciens grenoblois, notamment grâce à son action à la tête de la Scop Alma, éditrice de logiciels. Elle œuvre à la fois dans la « tech », la monoculture locale, et elle apporte un supplément d’âme en défendant le modèle « coopératif ». Alors tous les médias déroulent le « récit » flamboyant de la PDG d’Alma, surtout soucieuse de « démocratie en entreprise », de « gouvernance partagée » et autres « répartition de valeur » et « qualité de vie au travail ». Mais personne ne se demande à quoi servent les logiciels créés par cette société coopérative. Or, vendus à certains des pires pollueurs de la planète, ils permettent avant tout de remplacer les humains par des robots. Participer à dévaster le monde en coopérative, c’est toujours dévaster le monde.

    L’article complet est à lire ici : https://www.lepostillon.org/Devaster-le-monde-Oui-mais-en-cooperative.html

Derniers articles en ligne

  • Le dernier des cybers

    Stars des années 2000, les cybercafés ont disparu presque aussi vite qu’ils étaient apparus, rendant la vie numérique encore plus inaccessible pour les personnes n’ayant ni ordinateur ni smartphone. À Grenoble, il reste encore quelques petits lieux où on peut consulter internet. Ghislain estime tenir le dernier « vrai » cybercafé grenoblois et même plus que ça : « Un café internet proche, solidaire, engagé . »

  • La dignité, pas la charité

    Fini les applaudissements. Dans les discours, tout le monde est d’accord pour accorder au personnel soignant et aux « premiers de corvée » des conditions de travail dignes. Dans la réalité, rien ne change si aucune pression sociale n’est mise sur les gouvernants et les directions. À Saint-Martin-d’Hères, des salariées d’un Ehpad ont débuté une « grève illimitée » fin avril avec un mot d’ordre : «  Nous luttons pour la dignité, pas pour la charité.  » Si le mouvement a été suspendu trois semaines plus tard, une telle mobilisation donne des idées sur la voie à suivre.

  • Cheveux blancs de tous les pays, unissez-vous

    Tous les mois, on recevait son bulletin qui semblait éternel malgré (ou grâce à) sa maquette simpliste. Le Ciip (Centre d’information inter-peuples), institution grenobloise de lutte locale et internationaliste, vient pourtant d’être placé en liquidation judiciaire et de cesser ses activités. Faut dire aussi que ce n’est plus trop « à la mode » les luttes internationalistes : à Grenoble, les assos ou collectifs anti-impérialistes regroupent surtout des « cheveux blancs ». Le confinement nous a permis de prendre le temps de causer avec certains d’entre eux.

  • La chasse à la balance est ouverte

    Sur l’internet grenoblois, on trouve de tout, même des photos de potentiels indicateurs de la police. Cette « nouveauté » vient briser un tabou de la rue : le silence. Balancer ses amis gangsters aux flics, qu’ils dealent ou braquent des banques, c’est faire face à des représailles desdits dénoncés. Mais pour dénoncer les dénonciateurs, Snapchat apporte la solution : un corbeau utilise le compte «  Mort aux poukaves » et balance des indicateurs de la police. Mais à la fin, un mec qui « poukave » une balance n’est-il pas un indic ? 

  • Varces Attaque

    Pressions, représailles, crainte de perdre sa place : critiquer une institution expose à des risques. Imaginez en prison ! Dans la maison d’arrêt de Varces, où les salariés étaient moins de 150 et les détenus près de 350 avant le confinement, tout se sait très vite. La direction et les surveillants peuvent à tout moment faire pleuvoir coups et sanctions arbitraires. Alors qu’à l’automne dernier, 16 détenus et ex-détenus ont déposé un recours contre l’insalubrité et l’indignité des conditions de détention, des prisonniers témoignent des violences et abus de pouvoir subis entre les murs, décidément trop épais.

  • Saint-Bruno ne peut pas accueillir tous les start-uppers du monde

    Ça fait longtemps que le quartier Saint-Bruno est cerné par les bastions grenoblois des nouvelles technologies. De la Presqu’île à Bouchayer-Viallet en passant par Europole, l’ancien quartier ouvrier est entouré de centres de recherche, de start-ups et d’entreprises bossant dans la «  tech ». Si cette proximité se ressent forcément dans sa sociologie, le cœur du quartier a été relativement épargné par cette invasion. Mais début février, le Moonshot Labs, a ouvert ses portes sur le cours Berriat, non sans quelques tensions.

  • Bien aligner son business avec ses chakras

    Il y a cinq ans, Le Postillon s’était incrusté à Cowork In Grenoble pour écrire un reportage « J’ai rencontré #ceuxquifont (d’la merde) » sur ces entrepreneurs qui ont « à la fois les dents de requin du businessman avide, et à la fois le sourire mièvre du jeune cool du XXIème siècle » (voir Le Postillon n°30). Depuis Cowork In Grenoble a déménagé deux fois et vient de s’installer à Saint-Bruno, au Moonshot Labs. L’occasion de retourner humer l’air vicié de la start-up nation. Cette fois, notre reportrice a eu droit à une session de coaching gratuit. Et a rencontré des gens « qui ne bossent pas » : ils «  aident les gens ». Du grand «  kiff  ».

  • Harcèlement rectoral

    Jeanne est prof d’histoire-géo au lycée Aristide Bergès à Seyssinet-Pariset. Du genre à aimer son métier, sans être pour autant toujours d’accord avec des orientations prises par le gouvernement ou sa direction. Ces derniers mois elle a un peu ouvert sa gueule, participé à des mouvements de contestation sur les retraites ou la réforme du bac. Rien de méchant, sauf que depuis des années l’idéologie sécuritaire s’étend à l’administration des services publics. Gros retour de bâton pour Jeanne. Son cas met en lumière la manière dont le pouvoir, y compris par ses relais locaux, se considère comme absolu et n’hésite pas à malmener les contestataires, assimilés à des agitateurs infantiles et dangereux, fussent-ils professeurs.

  • Beauvert de plus en plus gris

    Beauvert ? Comme son nom l’indique, ce petit bout de ville était autrefois un îlot de verdure. Depuis des dizaines d’années, les immeubles encerclent peu à peu les petits pavillons construits dans les années 1930. Entouré de grandes avenues, de zones industrielles et d’un centre commercial, ce quartier est un des moins connus de Grenoble, où on n’a rien à y faire à part y habiter. Justement, depuis l’été dernier, une colocation de jeunes précaires et employés a trouvé refuge dans l’une de ces maisons. Comme pour beaucoup d’autres personnes, le confinement leur a donné l’occasion d’explorer les rues avoisinantes et de faire quantité de rencontres.

  • En attendant que ça sonne

    Beaucoup a été écrit sur l’exploitation des nouveaux prolétaires que sont les livreurs à vélo. Une critique qui ne satisfaisait pas totalement le spécialiste en boulots de merde du Postillon. « Regarde, ils n’ont pas de patron sur le dos, ils bossent quand ils veulent, ils découvrent la ville. J’ai envie d’écrire un truc positif dessus !  » Après tout, pourquoi pas ? Si les personnes rencontrées sont plutôt contentes de gagner de l’argent grâce à cette nouvelle manière de travailler, elles ont aussi des histoires d’exploitations et d’injustices à raconter.