Objet : merci de changer de métier
M onsieur,
Vous vous êtes bien foutu de la gueule du monde, l’autre soir, à la réunion publique, quand vous vous êtes apitoyé : « C’est de l’argent français qui est investi. Sur ce projet, je mets toutes mes économies. Si ce projet capote, je vais me retrouver à la rue. »
Ce 9 janvier 2026, vous n’étiez pas annoncé et donc pas présent à la tribune. Cette réunion publique était organisée par la Ville d’Eybens et la Métropole pour présenter votre projet de supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle, annoncé comme « le plus puissant d’Europe ». Enfin, « présenter », c’est un peu exagéré : les élus ne pouvaient que donner les informations dont ils disposaient, c’est-à-dire pas grand chose. L’introduction du maire d’Eybens a surtout consisté à exposer l’étendue de son impuissance face à ce projet « privé » et à s’attarder sur quelques détails techniques, comme l’incertitude sur le passage (au-dessus ou en-dessous de la rocade ?) de la ligne à haute tension alimentant le site. Si le maire a bien précisé que – période de campagne électorale oblige – il n’avait pas le droit de donner son avis sur ce projet, et que cette réunion n’était pas un débat sur l’intelligence artificielle, il a quand même précisé que la commune n’avait rien à gagner avec ce supercalculateur : le nombre d’emplois est insignifiant, la taxe foncière est beaucoup plus faible qu’avec les anciens occupants du site (182 000 euros de moins), et ce projet va encore renforcer l’îlot de chaleur déjà présent à cet endroit de la commune.
Vous étiez discrètement présent au milieu des deux cents personnes assistant à cette réunion. Après les premières questions du public, vous avez demandé la parole pour essayer de rassurer la populace, notamment sur la provenance de l’argent de votre boîte, DataOne, qui porte ce projet de supercalculateur. En insistant donc sur vos finances « françaises » et en évoquant une potentielle expulsion de votre logement, si le projet ne va pas au bout.
Lors de ma prise de parole, j’ai presque été cordial. J’ai commencé par me moquer gentiment en affirmant mon espoir de voir le projet capoter, mais en vous proposant mon canapé en cas d’obligation de dormir dehors. Et puis après, quand même, je vous ai traité de « menteur ». C’était le minimum syndical, mais j’ai bien vu que ça a un peu tranché avec le ton très policé des interventions précédentes.
C’était le minimum syndical parce que je voyais bien que votre bagout et votre tête de gendre idéal pouvaient séduire quelques personnes venues à cette réunion publique pour se faire un avis. « Quand il y a de l’inquiétude, de la peur, en général c’est un manque d’information. On n’a rien à cacher » avez-vous prétendu pour amadouer les crédules.
C’était le minimum syndical, mais après-coup j’ai maudit ma cordialité. « Menteur », c’est beaucoup trop gentil pour vous caractériser. Quel qualificatif aurais-je dû utiliser ? « Charlatan », soit « imposteur qui exploite la crédulité publique » ? C’est mieux, mais je suis sûr qu’il y a plus pertinent à trouver.
Faut dire que début janvier, je n’avais pas encore regardé la vidéo. Celle, datant du 11 juin dernier, où, pendant une heure et sept minutes, vous êtes interrogé par un de vos admirateurs, Nicolas Guyon, dont la chaîne Youtube « Comptoir IA » se veut « la référence pour tout comprendre de l’IA générative ». Ah si seulement je l’avais regardée avant ! J’aurais peut-être pu trouver le bon mot.
Je savais déjà que votre chantage à la faillite personnelle était une vaste blague : dans Le Postillon n°76, on avait déjà détaillé vos prouesses professionnelles, vos multiples sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux (Luxembourg ou Irlande) et votre famille possédant un grand cru du vin de Saint-Emilion, le Clos de la Sarpe, soixante euros minimum la bouteille, où vous vous « impliquez de plus en plus ».
Mais dans cette vidéo, j’ai appris votre véritable lieu de résidence.
« Dubaï j’y suis depuis sept ans déjà, je suis parti de l’Europe il y a un petit moment parce que notre groupe BSO se déploie énormément en Asie, donc j’ai suivi le trend [NDR : la tendance], c’était plus facile pour moi de commuter [NDR : littéralement cela signifie « transférer le courant électrique d’un circuit à un autre circuit »] vers l’Asie depuis Dubaï, et je vous cache pas que la météo est clémente, la sécurité est intéressante quand t’as des enfants, enfin je vais pas faire le guide touristique de Dubaï mais honnêtement on est plutôt très très bien là-bas et j’aurais du mal à en dire le contraire. »
En cherchant un peu, on trouve même votre adresse, là dans une de ces villas du quartier riche de Al Sufouh 1, « un quartier de loisirs qui s’articule autour d’un complexe d’hôtels haut de gamme reliés entre eux par un canal » à en croire Google Maps, et être définitivement rassuré quant à votre éventuelle prochaine situation de précarité. Comme beaucoup de requins, qu’ils soient narcotrafiquants ou businessmen, vous avez choisi de vivre dans cette cité artificielle, connue comme le « paradis pour le blanchiment d’argent et l’exil fiscal ».
Dans un autre numéro du Postillon (le 78), on avait évoqué la « liaison Grenoble – Émirats arabes unis » que symbolisait ce projet de supercalculateur, étant donné que la majeure partie des investissements va être réalisée par la société émiratie Core42 – dirigée par le frère du président des Émirats arabes unis et connue pour ses prouesses en matière de logiciels espions et d’outils de surveillance. Le magazine Challenges (18/05/2025) évoque une facture de « 20 milliards d’euros » pour les deux supercalculateurs isérois (celui d’Eybens et de Villefontaine). Mais à l’époque, je n’avais pas compris que cette liaison « Grenoble – Émirats arabes unis » était aussi symbolisée par vous-même, résidant à Dubaï tout en assurant agir « pour la France ».
Depuis une vingtaine d’années, vous vous démenez donc pour construire des data-centers et, sans aucune modestie, prétendez le faire de façon particulièrement rapide. C’est même le sujet central de la vidéo de Comptoir IA : « 20 SEMAINES vs 3 ANS : Comment ce Français RÉVOLUTIONNE les data centers pour l’IA ! »
« J’ai pris une pause parce qu’après 27 data centers, j’en avais marre. […] Après l’arrivée de Chat GPT, j’ai regardé la technologie qui était en train de powerate [NDR : alimenter] le truc et je me suis dit hum il y a beaucoup de GPU [NDR : processeurs graphiques qui équipent les data centers] derrière ça semble très intéressant. [...] Il a fallu attendre l’IA et ChatGPT pour qu’il y ait pas mal de gens qui m’appellent et qui me disent CAB [NDR : acronyme de Charles-Antoine Beyney] il faut que tu fasses quelque chose là parce que 18 mois, 24 mois, 36 mois pour avoir un data center c’est beaucoup trop long. On est dans un espace temps aujourd’hui qui se réduit de plus en plus et il nous faut quelque chose en quatre ou cinq mois. »
J’ai appris dans cette vidéo que l’infrastructure de l’intelligence artificielle était une espèce de quintessence même de l’obsolescence programmée. D’où la nécessité d’aller très très vite pour construire les équipements parce que si on doit attendre d’avoir respecté toutes les réglementations, ils sont déjà périmés.
« La vitesse est essentielle dans notre secteur, on ne parle plus en dizaines de mois, en années, on parle en semaines parce que les GPU qui coûtent des milliards de dollars, ont des durées de vie qui sont relativement réduites parce que l’infrastructure on voit bien aujourd’hui qu’au bout de trois ans elle est obsolète. Donc en 150 semaines tu dois avoir amorti, gagné ton argent, fait ton retour sur investissement donc c’est très court. […] Si tu sais pas construire aujourd’hui en vingt semaines un data center… à la mode d’Elon Musk comme tu disais justement, Elon et notre équipe je pense qu’on fait partie des deux équipes les plus rapides au monde à construire des infrastructures de ce type-là. Elon est parti d’un bâtiment qui existait déjà. Nous on fait la même chose à partir d’un green field [NDR : champ vert], d’un terrain complètement vierge et on arrive à construire aussi vite que lui. »
Tout ce baratin et cette proximité avec l’amateur de saluts nazis « Elon » fait visiblement jouir votre interlocuteur qui s’exclame plusieurs fois : « J’adore j’adore j’adore, franchement je suis complètement fan ». Vous semblez flatté et puis détaillez les deux mois nécessaires pour la construction d’un « bâtiment de 15 000 m2, une énorme boîte tout en béton », puis les « deux mois, deux mois et demi » pour faire « tout le travail à l’intérieur, l’électrification, le refroidissement » et l’installation des GPU. Si je vous avais traité de « prétentieux » ou d’« arrogant », j’aurais certainement été dans le juste. Mais il y a sans doute encore plus pertinent.
Vous êtes aussi très pressé. Et donc horrifié par la « bureaucratie » et « l’administratif » en France, qui vous empêchent d’aller « plus vite qu’Elon » pour vos deux projets de supercalculateurs en Isère. Faut dire que le réel contredit vos vantardises : le supercalculateur d’Eybens devrait commencer à fonctionner ce mois de février (soir un an – ou 52 semaines – après l’annonce de sa création en février 2025) et atteindre la puissance de 15 MW « d’ici le deuxième trimestre 2026 » ( Place Gre’net, 5/01/2026), Est-ce à cause des obstacles « bureaucratiques » que les capacités des supercalculateurs vont finalement être beaucoup plus faibles que celles annoncées au début ? En février 2025, vous évoquiez une puissance maximale de 1 GW pour chacun des deux équipements (soit la production d’un réacteur de centrale nucléaire). Aujourd’hui, vous annoncez qu’ils ne dépasseront en fait pas les 200 MW de puissance (ce qui représente quand même 60 % de la consommation électrique de la métropole grenobloise). Demain, ce sera peut-être un autre chiffre, de toute façon vous dites bien ce que vous voulez, la presse quotidienne et économique reprend sans moufter votre communication de bonimenteur.
Et même de bas-carbonimenteur. Car vos prétentions s’égarent même dans l’écologie, notamment à propos d’un autre projet de supercalculateur que vous portez aux États-Unis, dans le New Jersey. Là-bas, le réseau d’électricité est déjà saturé alors vous allez « mettre, un peu comme Elon d’ailleurs, [vos] propres systèmes de génération d’électricité ».
« On est en train d’arriver avec une technologie qu’on est en train de scaler [NDR : faire croître] à fond et qui va nous permettre de réduire de 100 % nos émissions de gaz à effet de serre. Ce sera 100 % propre. En plus, grâce à cette technologie, on va recréer du pétrole vert, voilà, donc j’en dis pas plus mais c’est quelque chose d’exceptionnel donc ça va nous permettre de pouvoir mettre des gigawatts de capacité aux États-unis sans avoir un seul impact négatif sur l’environnement. C’était ultra important pour moi parce que je ne me voyais pas faire autrement donc j’ai cherché beaucoup de temps, j’avais des technologies plus conventionnelles qui me permettaient de réduire mes émissions de 98,5 % mais ça ne me satisfaisait pas parce que je voulais vraiment avoir un impact nul, voire positif sur l’intégralité de la chaîne. »
Cette fois, c’est certain : je peux vous traiter de mythomane avéré. Comment pourriez-vous prétendre sinon « produire des gigawatts » sans avoir « un seul impact négatif sur l’environnement » ? Pour le data center de Grenoble, comme il est « à côté des barrages électriques », vous assénez : « donc on est ultra méga vert ». Si vous vous étiez lancé dans le business des roues, je suis sur que vous auriez pu prétendre faire des roues carrés ou triangulaires. Hélas ! Vous avez opté pour les centres de données, alors vous prétendez construire des giga-équipements extrêmement énergivores et rigoureusement inutiles dans la quête du bonheur humain tout en étant « ultra méga vert ». Le plus déprimant, c’est que vous ne détonnez pas tant que ça dans notre époque dominée par les smarto-trafiquants de votre espèce.
Résumons : en réunion publique à Eybens, vous prétendez agir avant tout « pour la France », mais vous habitez à Dubaï et construisez aussi un supercalculateur aux États-Unis. Là-bas aussi, vous avez subi une réunion publique avec les habitants, le 22 janvier dernier, et avez dû faire face « au scepticisme, voire à la colère » de nombreux habitants, ne croyant pas trop à vos fumeuses promesses, comme celle de construire « une ferme verticale – cultivant des plantes en intérieur grâce à la technologie – qui distribuera gratuitement des fruits et légumes aux habitants de Vineland dans le besoin » (Press of Atlantic City, 23/01/2026). Ce supercalculateur, d’une capacité (a priori) de 300 MW servira lui à « alimenter les outils d’IA de Microsoft ». En bon tartuffe se démenant soi-disant « pour la France », vous œuvrez donc pour augmenter le pouvoir d’un des Gafam.
Mais de toute façon, les deux supercalculateurs isérois serviront-ils d’abord « à la France » ? Ou aux Émirats arabes unis, qui apportent le plus d’argent ? Ou à différents grands groupes internationaux ? Interrogé à plusieurs reprises lors de la réunion publique du 9 janvier, vous vous êtes prudemment défaussé avec une métaphore routière : « Moi je construis une autoroute, après je ne suis pas responsable de ce que transportent les camions qui l’empruntent. »
Les nouvelles technologies en général, et l’intelligence artificielle en particulier, sont comme vous : elles n’ont pas de frontières. Elles nous envahissent des États-Unis à l’Asie, en passant par Dubaï ou l’Europe, complètement apatrides et ne servant qu’un seul maître : l’augmentation de la puissance disponible pour les dominants de tous horizons, qu’ils soient dictateurs, PDG d’une quelconque « start-up nation » ou businessmen avides de nouveaux marchés. Interrogé sur le déploiement gratuit de ChatGPT + pour tous les habitants de Dubaï, vous dissertez :
« Ça épouse complètement la vision qu’ont le cheikh d’Abu Dhabi et le cheikh de Dubaï, à savoir que tous les enfants, dès leur plus jeune âge, puissent utiliser l’IA. […] ChatGPT + lancé gratuitement à Dubaï, c’est aussi un moyen de comprendre comment pense la population parce que quand tu payes pas, c’est toi le produit, je sais pas je veux pas présager de comment ils vont traiter la donnée mais globalement ça permet aussi de comprendre les trends, de voir la population de l’intérieur, ça va être extrêmement intéressant de voir qu’est-ce qu’ils vont faire de cette technologie et comment ils vont l’utiliser derrière. »
Ça va effectivement être « extrêmement intéressant » de « voir la population de l’intérieur », soit « l’intérieur » des cerveaux. « Extrêmement intéressant » pour pouvoir contrôler le peuple et modeler les pensées selon le bon vouloir des gouvernants. Les médias et quelques militants (même « Insoumis » – voir ici) s’échinent à tenter de trouver des applications « positives » à l’intelligence artificielle. Vous-même tentez de convaincre des potentialités émancipatrices de l’intelligence artificielle, avec des réflexions non dénuées de racisme :
« L’avantage que tu vas avoir [avec l’intelligence artificielle], c’est que tu auras des gens qui sont en Afrique qui seront aussi intelligents que des gens qui seront en France ou aux États Unis. Ça va remettre tout le monde d’accord, pour moi c’est l’accès enfin à l’éducation totalement universelle, c’est l’accès à une vraie globalisation des Lumières. »
Mais tout regard lucide sur ce déferlement oblige à constater qu’il va surtout renforcer les possibilités de surveillance et d’endoctrinement. Vous êtes d’ailleurs assez perspicace sur les possibilités terrifiantes des technologies que vous contribuez à développer :
« L’IA c’est une arme qui est pire que l’arme atomique avec laquelle on est en train de jouer sans trop comprendre ce qui va se passer. […] Les États-Unis avancent très vite, la Chine avance très vite. […] On va avoir un vrai sujet en Europe si on n’est pas équipés de la même manière. C’est le projet Manhattan puissance 10 000. […] Toi tu vas être un débile dans une salle de génies, je peux pas le dire différemment en fait. […] Il faut employer les mots comme ils sont : c’est une course à l’armement technologique. On est dans une guerre économique, stratégique, du savoir. Aujourd’hui celui qui dispose de la plus forte intelligence, c’est celui qui dominera le monde de demain. […] Si demain ils décident de t’attaquer, aussi bien économiquement, sur les communications, au niveau financier, tu ne pourras même pas détecter cette attaque-là parce que tes systèmes d’information ne seront pas prêts à accueillir ce type d’attaque. S’ils t’attaquent physiquement tu auras un autre problème parce qu’ils seront capables de projeter des forces selon des angles et des scénarios que tu ne pourras pas imaginer non plus et à partir de là ça te met en rupture complète avec les autres puissances développées et tu es rangé en pays émergent. […] J’essaye de tirer la sonnette d’alarme partout où je peux parce que je suis profondément français. »
Je ne vais pas ironiser une fois de plus sur votre côté « profondément français ». Je vais plutôt faire comme si, dans un certain imaginaire, vous l’étiez, même si je ne vois par ailleurs rien de glorieux à vouloir défendre seulement sa patrie plutôt que notre commune humanité. Mais bref, je vais faire comme si vos boîtes n’étaient pas domiciliées dans des paradis fiscaux, comme si vous n’habitiez pas à Dubaï, comme si vous ne construisiez pas un data center pour augmenter la puissance de Microsoft. C’est un sacré effort de vous imaginer sincère, franc, loyal, mais, allez, je tente le coup.
Donc, même si vous étiez réellement « profondément français », je vous répondrais que, non, il ne faut pas participer à cette « course à l’armement technologique ». Pour la France, cette course est de toute façon perdue d’avance, notre pays sera toujours à la traîne par rapport aux États-Unis ou à la Chine. Il ne pourra que tenter laborieusement de suivre de loin la cadence, sachant que de toute façon, il lui faudra des décennies pour espérer retrouver une certaine souveraineté industrielle. Ce sera de toute façon bien trop tard car comme vous l’assénez : « Les players de l’IA auront déjà pris l’intégralité du marché dans trois ou cinq ans. Le monde dans trois ans ou cinq ans sera déjà tellement différent que le monde qu’on peut imaginer aujourd’hui. » Et même si la France était encore dans le coup, la seule sagesse possible serait de renoncer à la puissance, de refuser de parvenir au sommet des possibilités destructrices promises par l’IA.
Aujourd’hui, la seule voie originale et désirable, pour la France comme pour tout le monde, c’est la désertion et la promotion du désarmement généralisé en matière d’intelligence artificielle. Rien de positif ne pourra sortir de ce « projet Manhattan puissance 10 000 », il n’aboutira qu’à la destruction, la lobotomie, l’enlaidissement de la beauté de la vie humaine.
Il y a une soixantaine d’années, en pleine guerre froide, alors que de plus en plus de pays tentaient d’avoir l’arme atomique, des mouvements politiques militaient pour la « non-prolifération des armes nucléaires » et pour le « désarmement ». Aujourd’hui, avec l’IA, « une arme pire que l’arme atomique », selon vous, ce but du désarmement est étonnamment absent des discours des politiciens, toutes tendances confondues (voir ici).
Le développement exponentiel de l’intelligence artificielle, qu’il soit promu par des fascistes américains ou des bellâtres émirati-français comme vous, ne pourra renforcer que le totalitarisme, soit les « régimes politiques exerçant une mainmise sur la totalité des activités publiques, privées et intimes de la société ». En manigançant pour l’accélération du développement de l’IA, vous êtes donc un militant du totalitarisme. Alors, menteur, oui c’est vrai. Mais promoteur du totalitarisme, c’est quand même nettement plus précis. Et pour les totalitaires d’hier et d’aujourd’hui, certains argumentaires se rejoignent.
« Je serais complotiste, je dirais qu’il y a plein d’ingérences internationales pour nous ralentir et quand je vois certains papiers qui sortent bizarrement sur nos activités, je me dis c’est tellement anti-Français ça. »
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les collabos désignaient les Résistants comme « l’anti-France ». Aujourd’hui, pour les humains s’opposant à cette course à la puissance destructrice, il reste à développer des maquis pour ne pas se résigner au fatalisme totalitaire de l’intelligence artificielle.
En vous souhaitant de changer au plus vite de métier (quitte à dormir à la rue), veuillez donc recevoir, monsieur, mes salutations les moins artificielles,
Vincent Peyret




