Accueil > Hiver 2025-2026 / N°79

En pages urnes

La piscine non artificielle de Gerbi

Dans la série de tous ces étrangers qui veulent gouverner Grenoble (sans y habiter), on trouve aussi l’avocat de centre droit Hervé Gerbi, à la tête de la liste « Nous, Grenoble ». S’il possède effectivement un appartement à Grenoble, on trouve aussi son nom et celui de sa compagne sur la boîte aux lettres d’une belle maison à Corenc, avec, comme il se doit dans ces hauteurs embourgeoisées, une charmante piscine. Mais de toute façon, pas de problème, même s’il y réside tout le temps ! Hervé Gerbi prévoit de gouverner Grenoble « à distance  » grâce à l’intelligence artificielle. Pour faire parler de lui (et pour pallier le faible nombre de ses militants), le candidat a en effet annoncé « miser sur l’IA  » pour mener sa campagne : après avoir placardé une affiche « réalisée par l’IA », il a développé un « robot conversationnel » sur son site pour répondre à toutes les questions concernant le candidat. Alors on a posé la question à ce robot : «  Hervé Gerbi habite-t-il dans une maison avec piscine à Corenc ? ». Réponse : Après avoir mentionné que cette information relevait de la « vie privée », le robot disserte : « Pour rappel, Hervé Gerbi a évoqué publiquement son ancrage grenoblois et son attachement à la vallée du Grésivaudan, mais sans préciser de localisation exacte. » Est-ce que notre article mis en ligne pourra l’aider à répondre plus précisément à cette question ?

Ruffin cherche à avoir
du crédit « coopératif »

Début de campagne timide sur le terrain grenoblois pour la candidate des écolos Laurence Ruffin. Faut dire que c’est pas facile d’avoir à assumer le bilan de Piolle… Alors plutôt que de se fader les habitants, la dirigeante de la Scop Alma préfère pour l’instant développer son concept de « coopération au service de la ville » en ayant notamment produit, le 28 novembre dernier, une longue note sur le site de la fondation Jean-Jaurès, ce think thank socialo-macroniste. Le lecteur qui nous a fait découvrir cette note est assez sceptique sur le transfert du modèle « coopératif  » de l’entreprise à la démocratie : « Dans une coopérative, il y a une homogénéité sociale et de cause : les gens sont alignés sur l’objectif et leur présence dans l’espace est choisie. Ils ont décidé d’être là car ils partagent en amont les mêmes valeurs politiques que la structure. Postuler a priori qu’une société / une ville est composée de gens qui veulent avancer dans la même direction, au même rythme, et qui seraient implicitement alignés sur la méthode et les objectifs, me semble soit de la naïveté tout droit sortie de la messe ou bien l’aveu d’un “largage d’amarre” avec toutes celles qui ne sont pas en adéquation totale a priori sur les valeurs, les priorités et les timing que la personne qui appelle à coopérer... et j’imagine que ça fait du monde.  » En tout cas, il y en a qui n’ont pas du tout l’air sceptique sur les bonnes intentions de Laurence Ruffin : c’est la banque du Crédit Coopératif, citée comme « partenaire » de cette note. Faire de la politique avec une banque (qu’on avait épinglée à cause de son «  arnaque éthique  » dans notre numéro 40), ça fait un point commun entre Laurence Ruffin et Romain Gentil, le candidat Place publique travaillant pour les banques (voir notre dernier numéro).

Pacte de non agression Carignon-LFI ?

Le premier débat de ces municipales grenobloises a donc opposé le 26 octobre dernier sur France 3 Alpes, le candidat de droite Alain Carignon et le candidat de La France insoumise Allan Brunon. Un quart d’heure de joute verbale intense sur l’insécurité où les deux postulants se sont rendus coup sur coup en semblant soigneusement éviter un angle d’attaque. En effet, il n’a nullement été question d’affaires judiciaires. Et pourtant, les années précédentes, n’importe quel candidat de gauche rappelait régulièrement le pedigree d’Alain Carignon, ancien maire condamné pour corruption et ayant passé 29 mois en prison, record pour un homme politique français. Et depuis un an, Alain Carignon et ses proches tournaient en boucle sur « l’affaire Éric Piolle – Élisa Martin », avec quatre cents euros détournés par mois au profit de l’ancienne première adjointe de La France insoumise. Vu qu’Élisa Martin, aujourd’hui députée, a lancé la campagne insoumise aux côtés d’Allan Brunon, on s’attendait à ce que Carignon se serve de « l’affaire », mais non. Depuis, aucune trace de cet angle d’attaque dans les publications de Carignon ou de Brunon. Visiblement ces deux politiciens opposés ne s’entendent sur rien, à part pour éviter d’évoquer les sujets qui fâchent.

Carignon habite à Paris (et à Marrakech) !

Si on écoute Carignon, la ville était dans un état tellement resplendissant après ses deux mandats ! Rien à voir avec maintenant, après cinq mandats socialo-écolos… Et pourtant, juste après sa sortie de prison, plutôt que de profiter de tous les bienfaits de la vie grenobloise qu’il avait tellement embellie, Carignon a préféré refaire sa vie à Paris et au Maroc. On sait depuis longtemps que l’éternel candidat à la mairie de Grenoble possède un riad à Marrakech, où vit son épouse Jacqueline, et où il réalise diverses magouilles immobilières ou commerciales, notamment via sa société Alcarena, spécialisée dans le « conseil  » ou « l’import-export de produits, marchandises, services et prestations  ». Impossible par contre de savoir quels produits sont « importés » ou « exportés  ». S’il y a une dizaine d’années, Carignon était actionnaire d’Anéo «  société d’importation de produits de beauté bio à base d’huile d’argan  », cette entreprise a depuis disparu. Toujours est-il qu’Alcarena rapporte pas mal : en 2025, Carignon a touché, sur le bilan de 2024, 18 000 euros de dividendes net. Toujours dans les papiers de cette entreprise disponible sur le site Pappers, on apprend, à l’occasion du changement d’adresse de la société en 2023, qu’Alain Carignon « demeure » à Paris, dans le très chic XVIème arrondissement. Ça fait bien loin de Grenoble, où il se présente à la mairie !